Entre toi et moi il n’y a rien et il n’y a personne. Il n’y a même pas cet "entre" qui sous-entend un quelconque espace vide qu’il faudrait combler. Nous ne sommes pas séparés les uns des autres si ce n’est par la conscience qui isole, différencie et individualise. Ce n’est pas le monde qui nous supporte et sur lequel nos pieds reposent. C’est nous qui supportons le monde, d’un bout à l’autre de ses dimensions temporelles et spatiales. Car au plus loin que nous puissions percevoir ou même imaginer, il est le prolongement de nous-mêmes, du plus profond de nous jusqu’au bout de lui-même, en passant par l’image que je me fais de toi, de ta voix et de ta chair.