Depuis des milliards d’années, le chaos préside à toutes les créations ; cosmologiques, biologiques et même individuelles. Au milieu de cette perpétuelle agitation, quelle place l’humanité, le progrès, la civilisation, peuvent-ils revendiquer ? Leurs figures actuelles étaient-elles inéluctables ou ne sont elles que les silhouettes évanescentes d’un mouvement qui dépasse de loin nos futiles préoccupations humaines ?
Le monde est à l’étroit au creux de lui-même. Les forces d’inertie, la matière, les esprits et les cœurs craquent de toutes parts et commencent à céder sous les assauts répétés de la Vie. D’où nous viennent nos maux ? Pourquoi en sommes-nous là, au bord d’un précipice écologique et idéologique qui a déjà commencé à nous ensevelir ?
Nous nous heurterons toujours à cette question : l’univers est-il fini ou infini, l’un comme l’autre est inconcevable, hors de portée de notre conscience. Pour moi le Big-Bang est une extrapolation de la création divine, c’est pourquoi je suis animiste, que je considère l’univers seulement par ce que je peux en appréhender, et que toutes matières, inertes ou vivantes sont doués de l’anima. Âme particulière ou collective, peu importe.
L’humain actuel n’a pas changé depuis des milliers d’années et il se fie aujourd’hui à la science comme autrefois à la religion. Il accepte la domination de ceux qui « savent », comme la domination de ceux qui possèdent. Cependant il ne possède rien, il est de l’univers, c’est à l’univers qu’il appartient.